En droit bruxellois de l’urbanisme, le permis n’est pas l’exception mais le principe. Le COBAT (Code bruxellois de l’aménagement du territoire) repose sur une logique simple mais exigeante : tout acte ou travail ayant une incidence sur le bâti ou l’utilisation d’un bien est, en principe, soumis à autorisation préalable, sauf dispense expresse.
Les infractions urbanistiques naissent très souvent d’une mauvaise compréhension de cette logique, en particulier pour les travaux dits « mineurs » ou réalisés à l’intérieur des bâtiments.
La question du permis d’urbanisme est presque toujours posée de la même manière : « Est-ce que j’ai vraiment besoin d’un permis pour ce type de travaux ? ». Elle est aussi très souvent posée trop tard, lorsque les travaux sont terminés, contestés par un voisin ou révélés à l’occasion d’une vente.
Cette hésitation repose sur une intuition largement répandue mais juridiquement fausse : seuls les « gros travaux » seraient soumis à permis, tandis que les transformations jugées modestes ou purement intérieures échapperaient au contrôle urbanistique. Le COBAT ne raisonne pourtant jamais en termes d’importance subjective du projet, mais en fonction de son impact urbanistique réel.
Tout acte ou travail modifiant l’état du sol, du bâti ou l’utilisation d’un bien est soumis à permis, sauf s’il entre dans une hypothèse de dispense expressément prévue par la réglementation. Ce principe couvre un champ large :
Ce n’est donc ni la taille du projet, ni son coût, ni sa visibilité qui sont déterminants, mais ses effets.
L’idée selon laquelle les travaux intérieurs seraient libres de permis est l’une des sources les plus fréquentes d’infractions urbanistiques. Des travaux réalisés à l’intérieur d’un immeuble peuvent parfaitement nécessiter un permis lorsqu’ils entraînent une division en plusieurs logements, un changement d’affectation, une modification de la structure porteuse ou une incidence sur la densité et la sécurité. Le COBAT ne raisonne pas en fonction de la visibilité depuis l’espace public, mais de l’impact sur l’organisation du territoire et de l’habitat.
Compter sur une régularisation a posteriori est une approche risquée. La régularisation n’est jamais automatique, peut être refusée, n’efface pas l’infraction pénale et n’empêche pas une demande de remise en état. Un arrêt rendu par la Cour d’appel de Bruxelles le 13 mars 2024 rappelle avec force que la bonne foi ou l’intention de régulariser ne neutralisent pas l’irrégularité initiale.
Le COBAT impose-t-il un permis pour tous les travaux ?
Par principe oui, sauf dispense expressément prévue par la réglementation.
La visibilité depuis la rue est-elle un critère déterminant ?
Non. Elle peut être un indice, mais jamais un critère exclusif pour déterminer la nécessité d’un permis.
Qui supporte la responsabilité en cas d’erreur ?
Le maître d’ouvrage. L’ignorance ou la mauvaise interprétation du COBAT n’exonère pas de responsabilité.
